Chômage et manipulation en hausse

Chômage : net rebond en novembre

Par Guillaume de Calignon | 26/12 | 18:00 | mis à jour à 19:29 |

Source clip_image002http://www.lesechos.fr/economie-politique/france/actu/0203210071196-chomage-l-inversion-se-confirmera-t-elle-639518.php

Le changement dans les faits se traduit par la manipulation des chiffres

Après une baisse de 20.500 en octobre, le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A a augmenté de 17.800 en novembre. Le gouvernement met en avant une tendance de long terme à la baisse.

C’est « l’objectif premier » de François Hollande. Et il n’est pas encore atteint. L’inversion de la courbe du chômage, promesse emblématique du chef de l’Etat, attendra encore. Le ministère du Travail a indiqué ce jeudi soir que le nombre de demandeurs d’emplois de catégorie A, c’est à dire n’ayant exercé aucune activité, avait augmenté de 17.800 en novembre. Une très nette hausse. Et une déception après un recul de 20.500 en octobre , le premier depuis avril 2011, hormis celui intervenu en août mais qui avait été affecté par le « bug SFR » .

Cette contre-performance est d’autant plus inquiétante que le chômage des jeunes a remonté en novembre alors qu’il était orienté à la baisse depuis six mois. Le mois dernier, la métropole comptait 3,293 millions de demandeurs d’emplois, dont 537.400 jeunes de moins de 25 ans.

Méthode Coué

Au gouvernement, c’est un peu la méthode Coué qui domine. Le ministre du Travail, Michel Sapin, fidèle du chef de l’Etat, a préféré ce jeudi mettre en avant le fait que le nombre de demandeurs d’emplois en incluant les catégories B et C (ceux qui ont un peu travaillé) a reculé de 6.900 en novembre. Et il a beaucoup insisté sur le fait qu’il fallait mieux s’intéresser aux variations trimestrielles du chômage plutôt qu’aux chiffres mensuels, « plus volatiles ».

Ainsi, « alors que le chômage progressait d’environ +30 000 par mois en moyenne au premier trimestre 2013, il progressait de +18 000 par mois en moyenne au deuxième trimestre, puis de +5 500 au troisième trimestre. Sur les deux premiers mois du quatrième trimestre, l’évolution est à la baisse de – 1 350 en moyenne par mois », avance le ministère. « Il est clair et net que l’inversion de la courbe du chômage est engagée au quatrième trimestre », a martelé Michel Sapin, même s’il avoue qu’elle demande « à être confirmé dans la durée ».

Seniors et longue durée : deux points noirs

Seul point noir que le ministre accepte de mentionner, la situation des chômeurs de plus de 50 ans et celle des demandeurs d’emplois de longue durée. Le chômage des seniors a grimpé de 1,3 % en novembre, soit 9.000 personnes en plus. Et les Français au chômage depuis plus d’un an continue à augmenter et atteint désormais 2,035 millions de personnes. « Il y a des efforts à faire sur le chômage des seniors et les demandeurs d’emplois de longue durée. Il va falloir polariser la politique de l’emploi sur ces catégories-là », a admis le ministre.

Sur le plan politique et économique, le gouvernement va toutefois avoir du mal à convaincre, au moins à court terme, que le chômage va durablement baisser. Il va encore falloir attendre les chiffres du mois de décembre, voire même ceux du premier trimestre 2014. La Commission européenne, l’OCDE et l’Insee doutent ouvertement que la courbe puisse s’inverser l’an prochain. Les dernières prévisions de l’Insee font d’ailleurs état d’un taux de chômage en légère hausse à la mi-2014, à 11 % de la population active, soit une hausse de 0,1 point par rapport à fin octobre 2013. « Sous l’effet du retour de la croissance et du crédit d’impôt compétitivité emploi, la baisse de l’emploi marchand s’atténuerait progressivement d’ici mi-2014 », selon l’Insee. L’emploi du secteur non-marchand continuerait d’augmenter d’ici mi-2014, notamment du fait de la progression du nombre des bénéficiaires de contrats aidés. Entre octobre 21013 et juin 2014, « les créations nettes d’emplois (+76 .000) ne seraient en effet pas suffisantes pour absorber la hausse anticipée de la population active (+113,000) », estime l’institut statistique.

Michel Sapin récuse cette analyse. Pour lui, « compte tenu de l’accélération de l’activité, les créations d’emplois dans le tissus économique prendra le relais des emplois aidés. A partir de mi-2014, la croissance suffira à soutenir l’emploi », veut croire le ministre du travail.