Juppé, faux-cul

clip_image002 Juppé, faux-cul et girouette.

Chirac son mentor, disait de lui « Le meilleur d’entre-nous !!! » Chirac ce jour-là avait oublié ses lunettes.

Alain Juppé affirme avoir voté pour Alain Krivine lors de l’élection présidentielle de 1969. En 1976, il devient collaborateur de Jacques Chirac, alors Premier ministre, en tant que chargé de mission, puis conseiller technique au ministère de la Coopération, jusqu’en 1978. Adhérent du Rassemblement pour la République (RPR) dès sa fondation par Jacques Chirac. En 1978, il se présente, sans succès, aux élections législatives dans la 1re circonscription des Landes (Mont-de-Marsan et ses environs), en tant que candidat du RPR. Il est battu par le député sortant socialiste, Roger Duroure. L’année suivante, il prend la présidence de la fédération départementale RPR des Landes, et ce jusqu’en 1984. Il travaille, ensuite, aux côtés de Jacques Chirac à la mairie de Paris et devient l’un de ses plus proches conseillers. En 1979, il est élu au conseil national du RPR, et est nommé adjoint à la direction des finances et des affaires économiques de la ville de Paris, dont il est le directeur de 1980 à 1981. Il est directeur adjoint de la campagne de Jacques Chirac à l’élection présidentielle de 1981.

En suivant Jacques Chirac à Paris, il s’implante dans le 18e arrondissement de la capitale. Il est tête de liste dans cet arrondissement aux élections municipales de 1983 et 1989, et l’emporte à chaque fois (lors des deux scrutins, les listes de Jacques Chirac réalisent le « Grand Chelem » en remportant les vingt arrondissements). Alain Juppé laisse toutefois la mairie d’arrondissement à Roger Chinaud (UDF), prenant le poste d’adjoint au maire de Paris auprès de Jacques Chirac, chargé des Finances. Il occupe cette fonction de 1983 à 1995. Après le retour de la droite dans l’opposition, il devient secrétaire général (et donc le numéro deux) du RPR. Lors de la deuxième cohabitation, du 30 mars 1993 au 18 mai 1995, il est ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement Édouard Balladur. Il se fait notamment l’avocat, avec le président de la République François Mitterrand, d’une opération militaire au Rwanda, alors en plein génocide.

Montée de l’impopularité. Touché un mois après son entrée en fonction par l’affaire de l’appartement de son fils Laurent, Alain Juppé apparaît bientôt de plus en plus impopulaire (selon le baromètre TNS Sofres pour le Figaro Magazine, sa cote d’avenir passe ainsi de 63 % en juin et juillet à 57 % en août puis, après un léger rebond à 59 % en septembre, redescend à 40 % en octobre et 37 % en novembre)[]. Sa défense apparaît alors rigide, symbolisée par l’expression qu’il prononce le 6 juillet 1995 : « Je suis droit dans mes bottes et je crois en la France ». En désaccord avec son ministre de l’Économie et des Finances, Alain Madelin, il doit faire face à sa démission le 26 août 1995. Il le remplace par Jean Arthuis.

Cette impopularité se renforce avec le « plan Juppé », projet de réforme de la Sécurité sociale présenté à l’Assemblée nationale le 15 novembre 1995. Il prévoit un allongement de la durée de cotisation de 37,5 à 40 annuités pour les salariés de la fonction publique afin de l’aligner sur celle du secteur privé déjà réformé en 1993, l’établissement d’une loi annuelle de la Sécurité sociale fixant les objectifs de progression des dépenses maladies et envisageant la mise en place de sanctions pour les médecins qui dépassent cet objectif, l’accroissement des frais d’hôpital, des restrictions sur les médicaments remboursables et le blocage et l’imposition des allocations familiales versées aux familles avec enfants les plus démunies, combiné avec l’augmentation des cotisations maladie pour les retraités et les chômeurs et au gel du salaire des fonctionnaires. Celui-ci déclenche un vaste mouvement social dans l’ensemble du pays. Malgré le soutien apporté par la CFDT à Alain Juppé, les mouvements de grève de novembre et décembre 1995 de « défense des acquis sociaux » ont raison de sa détermination : il doit céder, le 15 décembre 1995, sur l’extension aux régimes publics des mesures décidées en 1993 par Édouard Balladur pour les retraites de base du secteur privé.

Mais le gouvernement refuse de revenir sur la réforme de la Sécurité sociale, une loi votée le 30 décembre suivant lui permettant de légiférer par ordonnances en la matière. Désormais, le budget de la Sécurité sociale est voté au Parlement, la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) est décidée tandis qu’une contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS) est créée. les analystes politiques notent surtout le recul du gouvernement sur ce qui était présenté comme l’essentiel, la réforme des retraites, Jean-François Revel accusant notamment le président Jacques Chirac de lâcheté pour n’avoir pas expliqué les réformes nécessaires lors de la campagne présidentielle, expliquant ainsi l’ampleur du mouvement. Dans un article du 15 février 1996, il estime ainsi que « quand, durant la campagne des présidentielles, Jacques Chirac parlait de réformes visant à réduire la fracture sociale, les Français comprenaient qu’ils allaient être noyés sous une pluie de subventions. Les réformes qui visent une réduction des déficits publics ou des déficits sociaux, ils ne les comprennent pas du tout »[].

Il augmente la pression fiscale. Est alors largement débattue au sein des partis de droite l’augmentation de 10 % des tranches de l’ISF[] et la suppression de son plafonnement[]. Cette modification a notamment pour conséquence que certains foyers fiscaux paient un impôt supérieur à leur revenu. Après la dissolution de l’Assemblée nationale avec les conseils de Juppé par le président Chirac, les élections législatives de 1997 sont remportées par l’opposition, contraignant le gouvernement Juppé à la démission pour laisser la place à la troisième cohabitation. Alain Juppé transmet le poste de Premier ministre au socialiste Lionel Jospin le 2 juin 1997.[

En 1995 il est parachuté à Bordeaux. En 1995, la liste qu’il mène lors des municipales obtient 50,28 % des suffrages exprimés dès le premier tour, contre 19,91 % à celle de son principal adversaire, le socialiste Gilles Savary. Il est ensuite élu maire de Bordeaux par le nouveau conseil municipal, après avoir écarté Jacques Valade, qui était le premier adjoint et le successeur naturel de Jacques Chaban-Delmas, ainsi que les candidats Denis Teisseire, Pierre Hurmic, François-Xavier Bordeaux.

Les « Affaires judiciaires »

En juin 1995, Le Canard enchaîné publie un document interne de la Ville de Paris, signé par Alain Juppé, donnant ordre à ses services de diminuer le loyer de son fils Laurent, logé dans un appartement relevant des propriétés de la ville de Paris, rue Jacob. Il est locataire, à un prix défiant toute concurrence, d’un appartement de 189 m² dans la même rue, où sont réalisés des travaux pour plusieurs millions de francs aux frais des contribuables. Une plainte pour « prise illégale d’intérêts » est déposée par l’Association des contribuables parisiens, créée ad hoc par Arnaud Montebourg, à l’époque jeune avocat et adhérent du Parti socialiste.

Une information judiciaire est ouverte par le procureur de la République de Paris, Bruno Cotte, qui a considéré que le délit de « prise illégale d’intérêts » était établi. Il annonce cependant son intention de classer le dossier si Alain Juppé quitte son appartement. Le procureur général près la cour d’appel de Paris, Jean-François Burgelin, publie alors un communiqué, approuvé par le ministère de la Justice, affirmant que l’infraction n’était pas constituée et qu’elle était de toute façon prescrite. Cependant, la décision de classement impose à Alain Juppé de déménager.

Affaire des « emplois fictifs de la mairie de Paris ».

En 1999, Alain Juppé est mis en examen pour « abus de confiance, recel d’abus de biens sociaux, et prise illégale d’intérêt » pour des faits commis en tant que secrétaire général du Rassemblement pour la République et maire adjoint de Paris aux finances, de 1983 à 1995. Il est considéré comme un élément clé d’un système de financement occulte d’emplois au sein du RPR financés par la mairie de Paris et des entreprises désireuses de passer des contrats publics (sa secrétaire personnelle au RPR fut elle-même rémunérée par une entreprise, le groupe immobilier Ségur, puis par la ville de Paris).

Son procès pour prise illégale d’intérêts s’ouvre le 29 septembre 2003. Alain Juppé y affirme avoir pris connaissance du système d’emplois fictifs en 1993[]. Le 30 janvier 2004, il est condamné par le tribunal correctionnel de Nanterre à 18 mois de prison avec sursis et à une peine de 10 ans d’inéligibilité. Le tribunal juge notamment qu’Alain Juppé a « délibérément recouru à des arrangements illégaux » pour favoriser l’action du RPR, que la nature des faits était « contraire à la volonté générale exprimée par la loi » et qu’il avait ainsi « trompé la confiance du peuple souverain »[]. La présidente du tribunal exige l’inscription de cette condamnation à son casier judiciaire[].

L’appel interjeté par Alain Juppé immédiatement après sa condamnation a pour effet de suspendre l’application de cette décision jusqu’à l’arrêt de la cour d’appel. Le 1er décembre 2004, celle-ci réduit la condamnation à 14 mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité. La cour d’appel indique :

«  Il est regrettable qu’au moment où le législateur prenait conscience de la nécessité de mettre fin à des pratiques délictueuses qui existaient à l’occasion du financement des partis politiques, M. Juppé n’ait pas appliqué à son propre parti les règles qu’il avait votées au parlement. Il est également regrettable que M. Juppé, dont les qualités intellectuelles sont unanimement reconnues, n’ait pas cru devoir assumer devant la justice l’ensemble de ses responsabilités pénales et ait maintenu la négation de faits avérés. Toutefois, M. Juppé s’est consacré pendant de nombreuses années au service de l’État, n’a tiré aucun enrichissement personnel de ces infractions commises au bénéfice de l’ensemble des membres de son parti, dont il ne doit pas être le bouc émissaire.  »

Il démissionne le lendemain de son dernier mandat, celui de maire de Bordeaux. Alors que les journalistes soulignent ses agissements en tant que secrétaire général du RPR et adjoint aux Finances à la mairie de Paris, une partie d’entre eux, estime qu’Alain Juppé « paye pour Jacques Chirac », qui sera condamné à deux ans de prison avec sursis en 2011.[

Sa condamnation à l’inéligibilité en 2004 le conduit à quitter ses fonctions parlementaires, municipales et partisanes[], Nicolas Sarkozy prenant la direction de l’UMP. Son adjoint Hugues Martin lui succède à la mairie de Bordeaux, ainsi que pour son mandat de député. La communauté urbaine de Bordeaux, dont il était président, bascule à gauche au profit du socialiste Alain Rousset.

En 2005, malgré des remous dans le monde universitaire québécois, il enseigne à l’École nationale d’administration publique (ENAP) à Montréal (Québec, Canada). Plusieurs universitaires se sont étonnés qu’un homme politique condamné à une peine d’inéligibilité puisse donner des cours à de futurs hauts-fonctionnaires. La polémique cesse et Alain Juppé peut enseigner normalement.

Le 17 juin 2007, lors du second tour des élections législatives, Alain Juppé est battu dans la 2e circonscription de la Gironde (49,07 % des voix) par la socialiste Michèle Delaunay. Il annonce son intention de présenter le lendemain sa démission. Mais la démission du gouvernement François Fillon, présentée le 18 juin au président de la République – démission traditionnelle à la suite de l’élection d’une nouvelle assemblée – évite à Alain Juppé de la présenter formellement.

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