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Lettre ouverte à Jean-Luc Mélenchon, Philippe Poutou


Lettre ouverte à Jean-Luc Mélenchon, Philippe Poutou et certain commentateurs de l’émission « C Dans l’air »

Libéralité : Disposition à donner, générosité. Dont fait de façon libérale par une personne généreuse.

Libéral, ou « Social-libéralisme » Libéralité, c’est quoi au juste selon vous? Reprocheriez-vous à certains partis politiques d’être trop généreux envers le peuple ? Ne faites-vous pas d’amalgame avec des dispositions autoritaires et contraires au social ?

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Louis Brandeis (vers 1900), un des grands juristes du social-libéralisme

Lors de débats politiques, mais pas que… Egalement dans les commentaires de certains Internautes dans les réseaux sociaux, il n’est pas rare d’entendre ou de voir qu’un tel est libéral, voire ultralibéral, il en est de-même pour certains partis politiques qui sont accusés d’être libéraux ou ultralibéraux…

Mais dans la réalité, c’est quoi « être libéral » ? N’y a-t-il pas confusion ou amalgame et mélange des genres ?

Libéral, libérale, libéraux, (libéralisme et ou libéralité)

Principe tel que défini par le Petit Larousse, etc. …

Libéral : Qui est partisan de la plus grande liberté individuelle dans le domaine économique et politique, et hostile à l’intervention de l’Etat. Tolérant à l’égard de toutes les tendances et de leurs manifestations.

Libéralisme : Théorie selon laquelle l’Etat n’a pas à intervenir dans les relations économiques qui existent entre individus, classe ou Nation. (Doctrine soutenant sans nier l’autorité de l’Etat, que celle-ci n’est pas absolue et que les citoyens conservent une part d’autonomie que l’Etat doit sauvegarder) Tolérance à l’égard des opinions et de la conduite d’autrui.

Le social-libéralisme ou nouveau libéralisme

Sur le plan politique, son éthique s’oppose à l’autoritarisme et cherche à impliquer les êtres humains dans le processus décisionnel d’où l’accent mis sur la démocratie. Sur le plan économique et social, il promeut des institutions cherchant à concilier liberté et égalité à travers notamment la mise en place de régulations ayant pour but d’établir une concurrence équilibrée et des politiques de redistribution visant à accroitre les capabilités des individus. Son épistémologie l’amène à traiter des problèmes économiques et sociaux en partant de l’étude des faits même s’ils sont déplaisants (notion de hard-facts). Cela les mène à être plus inductifs, à partir plus de l’analyse des données que les économistes libéraux classiques qui raisonnaient de façon plus déductive.

Le social-libéralisme en tant qu’idéologie très fortement contestée à la fin des Trente Glorieuses perd l’essentiel de son influence au profit notamment d’autres courants libéraux. Il lui est notamment reproché de ne pas assez impliquer les êtres humains dans le processus décisionnel et d’avoir cédé à la tentation de l’expertise, particulièrement forte en économie. Dans le vocabulaire politique contemporain, le social-libéralisme est fréquemment amalgamé avec ce que l’on appelait auparavant le socialisme libéral. Cependant, bien que le concept de socialisme libéral apparaisse chez certains auteurs du social-libéralisme, ce courant d’idées ne se confond pas entièrement avec le terme, qui a pu désigner historiquement des tendances très variées ; l’école de pensée ayant originellement porté le nom de social-libéralisme ne se confond pas non plus avec un socialisme converti aux vertus du libéralisme. La différence majeure entre le social-libéralisme au sens premier du terme et les autres courants ayant employé le concept de « socialisme libéral » tient à ce que le « nouveau libéralisme » est le seul grand courant de pensée libéral à s’être ouvert à certaines idées du socialisme ; à l’inverse, la majorité des autres théoriciens du socialisme libéral sont principalement des socialistes ayant adopté certains thèmes du libéralisme, et se définissent d’abord et avant tout comme « socialistes », ou « républicains », mais rarement en premier lieu comme « libéraux ». De manière plus courante, l’expression social-libéralisme est employée de nos jours pour désigner — parfois négativement — un centre gauche (socialiste ou social-démocrate) converti aux valeurs du social-libéralisme économique, ou plus largement à l’économie de marché.

Le libéralisme républicain en France

« L’influence sur l’identité politique française »[] de ce courant a été plus limitée que ne l’ont été le nouveau libéralisme anglais ou le libéralisme progressif aux États-Unis. Parmi les penseurs de la première génération, peuvent être cités : Charles Renouvier (1815–1903), Alfred Fouillée (1838–1912), Léon Bourgeois (1851–1925) ou Émile Durkheim (1858–1917). Ces penseurs présentent des points communs avec le nouveau libéralisme anglais : influence de Kant et de Hegel (Catherine Audard[] voit chez Fouillée « une analogie avec T. H. Green et sa tentative de conciliation entre l’idéalisme de Kant et de Hegel » et un lien de réciprocité entre l’individu et la société que Bourgeois appelle la « solidarité). Si l’on se tourne vers les économistes, l’idée de solidarité est également présente chez Charles Gide et Charles Rist. Mais ce courant a aussi des liens avec d’autres champs du savoir académique : au niveau sociologique notamment dans l’œuvre de Durkheim et au niveau juridique chez Léon Duguit et Gaston Jèze[].

Si l’influence de ce courant est assez courte (elle cesse pratiquement avec le virage à droite du Parti radical en 1910[]), il a cependant profondément marqué les structures sociales bâties par la Troisième République française et les réformes sociales d’avant la Première Guerre mondiale intervenues au moment où le solidarisme est la doctrine sociale du Parti radical. Si la seconde génération formée notamment de Célestin Bouglé[] et d’Élie Halévy a peu de poids politique, elle a une certaine influence au niveau intellectuel. La troisième génération, avec Robert Marjolin, un économiste qui a été l’adjoint de Jean Monnet au Plan et qui a eu des responsabilités dans des organisations supranationales (Organisation européenne de coopération économique et commissaire européen), est également influencée par l’approche économique développée dans la lignée des travaux des nouveaux libéraux et des libéraux progressistes américains[

La recherche de la vérité surplombe leur approche méthodologique tant dans le domaine économique que politique. La recherche de la vérité n’est pas de nature abstraite. Elle est inductive, résultat d’une confrontation avec les faits même lorsqu’ils sont « durs » et d’une volonté de voir la réalité en face. Dans le social-libéralisme, l’individu et la société interagissent. Les libéraux républicains en France préfèrent éviter cette métaphore aux réminiscences pauliniennes[ ] qui risquait d’être interprétée soit de façon très conservatrice soit de façon très marxiste[]. Aussi, pour nommer cette interaction entre la société et l’individu, ils préfèrent utiliser le mot « solidarité ».

CBV

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