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Le Gaullisme (le vrai) existe-t-il encore ?


Le Gaullisme (le vrai) existe-t-il encore ?

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Le Général De Gaulle, un vrai patriote…

Gaullisme (les différentes formations qui revendiquent ou ont revendiquées leur appartenance au Gaullisme)

Le gaullisme est la pensée politique inspirée des idées et de l’action de Charles de Gaulle, même si lui-même refusait le terme. Plus qu’un corps de doctrine, il s’agit avant tout d’un état d’esprit. L’adjectif pour qualifier les réflexions du général de Gaulle, ses prises de position, ses décisions, etc., mais aussi les démarches en vue de les prolonger, est « gaullien ». Le sens du mot gaullisme a évolué dans le temps.

  • Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est synonyme de résistance à l’occupation nazie. Le terme « gaulliste » désigne le « résistant » en général (FFL à l’extérieur et réseaux FFI en métropole) mais devient, après le 22 juin 1941 (Opération Barbarossa) et l’entrée massive des communistes dans la Résistance, un terme employé pour désigner les résistants qui ne sont pas communistes. Ils sont pourchassés par les autorités allemandes et par le gouvernement de Vichy ;
  • Après la Libération, il prend son sens actuel pour désigner les idées ou la politique du général de Gaulle et de ses partisans, par opposition aux autres partis et courants politiques.
  • Après 1970, il est la référence, avec des interprétations partielles et parfois divergentes, de celles et ceux qui se revendiquent de l’héritage politique du fondateur de la Ve République.

L’emblème du gaullisme est la croix de Lorraine. Le mot doctrine ici utilisé est certainement excessif. Le général de Gaulle était en effet d’abord un pragmatique qui adaptait les modalités de son action selon les circonstances, en ne gardant d’intangibles que quelques principes pour fixer les buts à atteindre.

Le gaullisme est, au départ, une philosophie porteuse d’« une certaine idée de la France ». Elle part des constats suivants : la France a pu faire de grandes choses par le passé, et être une des plus importantes nations du monde occidental, lorsqu’elle était tendue vers un destin commun (les Croisades et la chevalerie, le Grand Siècle de Louis XIV et le rayonnement de la culture française à travers l’Europe, la Révolution française et Valmy) ; À l’inverse, la France aurait en permanence la tentation de se replier sur ses querelles intérieures (politiques, sociales, intellectuelles), ce qui selon la vision Gaulliste la ramènerait sur la voie du déclin.

En conséquence, pour qu’elle puisse donner le meilleur d’elle-même et prendre la tête des nations, la France doit en permanence être unifiée par un chef, un État ou un projet, et articulée par des institutions politiques (un équilibre des pouvoirs efficace), économiques (le plan) et sociales (la participation) adéquates pour éviter les luttes internes.

Reste maintenant à démêler au sein du gaullisme cette philosophie patriotique de l’humanisme, héritière du christianisme (Charles de Gaulle participait avant guerre aux cercles démocrate chrétiens) mais aussi probablement de l’idéal de l’an II (Révolution française) puisque de Gaulle a dit en substance : « Il n’y a qu’une seule querelle qui vaille, (…) c’est celle de l’Homme. » Probablement, l’humanisme Gaulliste est-il à la fois : Une finalité de la grandeur de la France, puisque le message que la France porte dans le monde est humaniste ;

Une conséquence à travers la politique sociale qui a pourtant pour premier objectif de souder la nation.

Le Général De Gaulle n’était ni de Gauche, ni de droite, il était pour la France.

Sur le plan politique, le vrai Gaullisme traditionnel prône :

L’indépendance de la France, par le refus de sa « vassalisation » à des organismes supranationaux (ONU, Communauté européenne, OTAN), à des superpuissances (États-Unis) ou aux puissances économiques et financières. Cette indépendance est défendue dans les domaines politique, économique, culturel, diplomatique et militaire.

Par extension, le respect à travers le monde des nations, entités culturelles façonnées par l’Histoire et rempart des peuples contre les impérialismes (voir les discours sur le Québec libre, sur la guerre du Viêtnam (discours de Phnom Penh), etc.).

Un pouvoir exécutif fort et stable qui donne au Président de la République un rôle primordial.

Un lien direct entre le chef et le peuple passant au-dessus des corps intermédiaires (élection du chef de l’État au suffrage universel direct, recours fréquent au référendum).

Le rejet du gouvernement des juges. De Gaulle disait : « En France, la seule cour suprême, c’est le peuple ». À l’origine le rôle du Conseil constitutionnel se limitait à éviter une déviation du régime parlementaire en régime d’assemblée, mais pas d’imposer sa vision des droits fondamentaux aux organes élus du peuple.

Le rassemblement de tous les Français, au-delà du clivage gauche / droite, source de division et donc de déclin, via le lien direct du chef et du peuple et la politique sociale.

Le refus du libéralisme économique classique au profit d’une économie orientée par l’État en vue d’un développement volontariste (la planification, l’aménagement du territoire, les grands projets publics, le keynésianisme. etc.).

Le double refus du capitalisme (exploitation d’une classe par l’autre) et des socialismes révolutionnaires (lutte des classes) au profit d’une « troisième voie » sociale. Au-delà d’une protection sociale avancée, la participation (aux bénéfices, aux décisions, à la propriété de l’entreprise), aussi appelée l’association capital-travail, doit réconcilier les Français entre eux et aboutir à la fois à la justice et à l’efficacité.

Sur la méthode : le pragmatisme et le refus des carcans idéologiques en vue d’atteindre les objectifs fixés : indépendance et rayonnement de la France dans le monde, unité intérieure de la France au service du projet patriotique.

Un certain conservatisme sociétal : de Gaulle était contre l’avortement (mais c’est sous sa présidence que la pilule contraceptive fut autorisée par la Loi Neuwirth), et pour la peine de mort (mais il graciera toutes les femmes condamnées à mort)

Gaullismes de droite et de gauche

Rassemblant des hommes de toutes origines politiques autour de l’action d’un homme, le gaullisme est par nature divers. Du vivant du général de Gaulle, les différentes sensibilités du gaullisme s’effaçaient devant l’arbitrage du général de Gaulle. Celui-ci disparu, les différentes formes de gaullisme se sont affrontées directement:

Le « néo Gaullisme » ou le début de la fin du Gaullisme antique et traditionnel.

Courant majoritaire au sein du RPR, puis de l’UMP jusqu’en 2004, avec Jacques Chirac, Alain Juppé et Dominique de Villepin. D’abord proche à ses débuts du gaullisme traditionnel, il se positionne à droite en adoptant le libéralisme économique au début des années 1980 puis en se ralliant à la construction européenne, dans le cadre d’une stratégie d’alliance avec l’UDF. Attaché à l’indépendance nationale, il défend l’idée d’une Europe politique, puissance indépendante et différente des États-Unis, une Europe de la coopération intergouvernementale. Ayant été formés à « l’école Pompidou », certains de ses représentants ont parfois été qualifiés de « pompidoliens ». Divisé entre « chiraquiens » et « balladuriens » lors de l’élection présidentielle de 1995, ce courant a vu les premiers remettre à l’honneur des thèses sociales ou étatistes et les seconds se placer sur une ligne libérale et conservatrice. Privilégiant une approche pragmatique dans l’exercice du pouvoir, inspiré aussi de valeurs humanistes héritées du radicalisme ou du gaullisme proprement dit, il tend par la suite, autour de Jacques Chirac et au sein de l’UMP, à promouvoir le rôle de l’Etat face aux enjeux de la mondialisation.

Le Gaullisme social

Avec Jacques Chaban-Delmas, Philippe Séguin, Nicolas Dupont-Aignan, défenseur de la démocratie sociale, sans toutefois remettre en cause le capitalisme (réformisme social-démocrate), ce courant est parfois considéré comme étant le plus proche du Gaullisme traditionnel. Il est en tout cas le plus à même de transcender les appartenances politiques. Le plus proche du Gaullisme traditionnel. Il est en tout cas le plus à même de transcender les appartenances politiques Jacques Chaban-Delmas a ainsi eu pour conseillers Simon Nora ou Jacques Delors et des personnalités socialistes comme Martine Aubry se sont déclarées proches des idées de Philippe Séguin. Il fait généralement preuve de progressisme sur les questions de société. Pourfendeurs, avec les « souverainistes » de Charles Pasqua, du traité de Maastricht (1992), qu’ils jugent porteur d’une Europe libérale et supranationale, beaucoup de ses représentants évoluent sur cette question et soutiennent le traité instituant une constitution pour l’Europe (2005).

Le Gaullisme de gauche

Avec (Louis Vallon, René Capitant, Gilbert Grandval, Philippe Dechartre, Jean-Pierre Chevènement) : remet en cause le capitalisme pour bâtir une troisième voie sociale par l’association du capital et du travail. Le pan-capitalisme de Marcel Loichot prévoyait ainsi de remettre progressivement, par la pratique d’une large distribution d’actions, le capital des entreprises aux mains de leurs salariés, leur permettant ainsi d’entrer au conseil d’administration et de participer aux décisions. La participation était l’une des deux réformes majeures proposées par le référendum de 1969, perdu par le général de Gaulle. Regroupés au sein de l’Union démocratique du travail (UDT), les représentants de cette mouvance, à l’exception de Philippe Dechartre, se sont progressivement ralliés à la gauche traditionnelle à la suite de l’éviction de Jacques Chaban-Delmas et de la « droitisation » du gaullisme, jugé désormais par trop acquis au libéralisme.

L’anarcho-Gaullisme (faux Gaullisme)

Avec (Combat (journal), Roger Nimier, Jean Dutourd, Pierre Chany, Emmanuel Legeard): du temps de de Gaulle, correspondait à « une version gaulliste du maoïsme spontex (…), une espèce de contrepoint à la description de Claire Brière-Blanchet: « Nous n’étions pas loin de nous imaginer un Mao rebelle solitaire en symbiose avec le peuple de Chine, un Mao anarchiste !» » Legeard écrit: « on peut concevoir l’anarcho-gaulliste comme une espèce de « gaullien spontex », je veux dire de « mao spontex » gaulliste qui se serait représenté de Gaulle comme le premier anarchiste de France luttant contre l’Etat pour l’Ethnos, c’est-à-dire, pour reprendre les expressions de Maurras, contre le pays légal pour le pays réel, défendant personnellement les patries charnelles contre la bureaucratie, contre les délires des intellectuels et des hauts-fonctionnaires… bref comme un homme aux côtés des « vraies gens », comme on dit, et non comme un technocrate qui cherche à réduire le peuple à une abstraction statistique ou idéologique. Voilà pourquoi on peut certainement classer Roger Nimier, qui se disait « gaulliste maurrassien », parmi les anarchistes de droite. » Aujourd’hui, l’anarcho-gaullisme renvoie à une sorte de sédévacantisme politique en matière de gaullisme.

L’UMP et la fin du vrai gaullisme ? (2002-2015) déjà amorcé par Jacques Chirac en 1974 et la fondation du (RPR) le 5 décembre 1976.

Cependant, la puissance de l’influence libérale sur l’ensemble des mouvements politiques de droite (et aussi de gauche) à travers le monde, mais aussi la difficulté, 20 ou 30 ans après sa mort, à imaginer ce qu’aurait été la politique du général de Gaulle, ont conduit le RPR à se « banaliser » au sein des droites européennes malgré les tentatives de renaissance doctrinale des gaullistes sociaux et souverainistes réunis autour de la revue Une certaine idée, fondée sous l’égide de Philippe Séguin, en 1998. Après l’élection présidentielle de 2002, le mouvement « gaulliste » Rassemblement pour la République (RPR) s’est dissous dans un nouveau parti de droite fusionnant avec une partie de l’UDF : l’Union pour un mouvement populaire (UMP).

La transformation du RPR en UMP, parti dominant dans la droite française avec un programme jugé libéral et pro-européen, malgré la défense par Jacques Chirac du « modèle social français », pose, dans les premières années du XXIe siècle, la question de la pérennité du gaullisme dans la vie politique française.

Néanmoins, depuis la disparition du RPR, (Parti de Chirac, faux parti Gaulliste) des mouvements revendiquent le maintien de la pensée gaulliste.

Certains sont associés ou proches de l’UMP, comme l’Union des jeunes pour le progrès (UJP), le Mouvement Initiative et Liberté, le cercle Nation et République, les comités Notre République, le club Nouveau Siècle, l’Union des démocrates pour le progrès (UDP), ou Le Chêne (créé par Michèle Alliot-Marie en 2006). De son côté, Debout la République devenu Debout la France, fondé en 1999 par Nicolas Dupont-Aignan, a été un mouvement associé à l’UMP jusqu’au départ de celui-ci, puis a fait partie de la majorité présidentielle jusqu’au congrès fondateur de 2008.

D’autres, essentiellement les Gaullistes de gauche, ont convergé avec des personnes comme (Jean-Pierre Chevènement) autour de valeurs communes souverainistes et sociales.

Les partisans d’une ligne indépendante se sont quant à eux retrouvés dans de multiples associations et clubs de réflexion (tels que Initiative Gaulliste, l’Union Gaulliste, l’Union Gaulliste pour une France Républicaine, l’Action pour le renouveau du Gaullisme et de ses objectifs sociaux, le Cercle Jeune France ou l’Académie du Gaullisme), que l’Union du peuple français a réunifiés pour partie d’entre eux.

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