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Climat, la glace fond en Antarctique


Climat, la glace fond en Antarctique (l’homme n’y est pour rien)

Liste des volcans continentaux en Antarctique

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Une crevasse dans la banquise de l’Antarctique pourrait présager un effondrement de la calotte polaire

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Dans l’ouest de l’Antarctique, des scientifiques ont observé et analysé le détachement d’un bout de banquise du reste du glacier. Les causes de cette fissure ne présagent rien de bon pour la suite.

Des scientifiques pensent avoir découvert la « troublante » raison pour laquelle un énorme morceau de banquise s’est détaché de l’un des plus gros glaciers de l’Antarctique l’an dernier. Et cette raison ne présage rien de bon pour les grandes métropoles côtières dans le futur.

Ce sont donc les eaux réchauffées venant des océans qui ont fait fondre le glacier de l’île de Pin par en-dessous, provoquant une profonde fissure sous la surface. C’est cette même fissure qui a séparé la glace en deux, selon les chercheurs de l’université Ohio State.

D’après leur étude, publiée lundi 28 novembre 2016 dans le journal Geophysical Research Letters, la crevasse de 32 km de long a fini par fendre le glacier de plus de 360 km² en juin 2015.

Les résultats montrent aussi que le changement climatique et d’autres causes pourraient conduire à l’effondrement d’autres gros morceaux de l’inlandsis Ouest-Antarctique (la partie ouest de la calotte glaciaire de l’Antarctique, située dans l’hémisphère ouest) dans les prochaines décennies. Cela provoquerait une montée catastrophique du niveau de la mer, causant des inondations sur les côtes du monde entier.

« La question n’est maintenant plus de savoir si la calotte glaciaire de l’Antarctique va fondre, mais quand », déclare Ian Howat, directeur de l’étude et professeur associé en sciences de la terre à l’université d’Ohio State, dans un communiqué de presse.

« Ce genre de fissuration provoque un mécanisme de retrait rapide de ces glaciers, ajoutant à la probabilité que nous assisterons à un effondrement de l’Ouest-Antarctique de notre vivant », a-t-il ajouté.

Affaiblissement des glaciers

Le glacier de l’île du Pin et le glacier Thwaites, juste à côté, agissent comme des bouchons dans un évier : ils empêchent la glace de l’inlandsis Ouest-Antarctique de flotter vers l’océan, d’y fondre et d’augmenter le niveau de la mer. Mais comme les glaciers et la glace terrestre derrière eux se délitent, la banquise principale perd ses deux « bouchons », et elle se retrouve à fondre dans l’océan.

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La glace fond par le dessous (en cause les courants d’eau chaudes d’origine volcanique qui creusent la glace.)

Crevasses dans la banquise près de la côte Ouest-Antarctique depuis une fenêtre de l’avion Operation IceBridge de la NASA, le 28 octobre 2016.MARIO TAMA/GETTY IMAGES

D’après une étude de mars 2016 postée dans la revue Nature, l’effondrement de l’Ouest-Antarctique pourrait à lui seul faire monter le niveau de la mer de plus d’un mètre d’ici à 2100. D’autres études imaginent que ce niveau pourrait monter à un peu plus de 3 mètres. Une augmentation qui engloutirait des villes comme New-York, Miami, Manille ou Dacca.

L’équipe de l’université de l’Ohio a d’abord remarqué la crevasse de l’île du Pin en analysant les images prises par un satellite Landsat 8, avant que l’iceberg ne se brise en 2015. Les images montraient un début de faille, qui avait en fait commencé en 2013 presque 20 km plus loin à l’intérieur des terres, et s’était étendue depuis. Des crevasses avaient déjà été découvertes dans la banquise du Groenland. Mais cette étude est la première à révéler une crevasse sous la surface d’un glacier en Antarctique.

Ce genre de crevasse se forme normalement dans des couches de glace fines, étirées, les plus propices à tomber en morceaux. Mais cette crevasse-là a commencé presque au centre de la banquise, qui est normalement plus robuste.

NASA/GSFC SCIENTIFIC VISUALIZATION STUDIO

Selon Ian Howat, la crevasse a commencé au fond d’une vallée glaciaire. De l’eau chaude océanique a dû s’y introduire, affaiblissant le centre de la banquise par en dessous et créant une fissure.

« Le plus inquiétant, c’est qu’il y a beaucoup de vallées de ce genre sur ce glacier », décrit Ian Howat. « Si elles sont réellement des lieux de faiblesse, la réduction de la banquise en Antarctique pourrait être encore plus rapide. »

D’après Richard Alley, glaciologue et expert du climat à l’université d’État de Penn, l’étude sera particulièrement « utile » pour les glaciologues qui cherchent à comprendre comment les banquises réagissent aux changements autour d’elles.

Une section de l’inlandsis Ouest-Antarctique avec ses montagnes, vu de l’avion Operation IceBridge de la NASA, le 28 octobre 2016.MARIO TAMA/GETTY IMAGES

Les fissures sont souvent difficiles à représenter correctemment sur des maquettes de banquise, car il est difficile de savoir exactement où et comment la glace va se briser, selon Richard Alley. « Pensez aux tasses à café en céramique que vous avez vu tomber sur le sol : certaines ont rebondi, d’autres se sont ébréchées, cassées en plusieurs morceaux, ou complètement brisées », explique-t-il dit à Mashable.

Pour lui aussi, il existe de solides preuves scientifiques que l’inlandsis Ouest-Antarctique puisse se briser de notre vivant : « Ce n’est pas sûr, clairement. Mais c’est possible, en fonction des décisions prises par les hommes, mais aussi en fonction de processus et de conditions que nous ne connaissons pas entièrement », explique-t-il.

Une perte de banquise nécessaire ?

Ian Joughin, ingénieur au laboratoire de physique appliquée de l’université de Washington, n’est pas de cet avis. Pour lui, l’étude n’apporte pas forcément de nouvelles informations sur la stabilité de l’inlandsis Ouest-Antarctique. La glace de l’île de Pin aurait régulièrement besoin de se séparer de morceaux de glace pour garder le rythme de toute la glace qui s’écoule hors de l’Antarctique. « Le lieu de la fissure n’est pas si différent des lieux des précédentes fissures », confie-t-il à Mashable.

Il pense tout de même que ces nouvelles découvertes sont « à surveiller, mais il est trop tôt pour dire s’il s’agit d’un mouvement durable qui pourrait vraiment altérer le rythme de retrait de la glace dans cette zone. »

En étudiant ce type de détachement d’iceberg, les scientifiques pourraient être capables de mieux prévoir quand et comment l’inlandsis Ouest-Antarctique perdra un plus grand morceau de banquise – mais ils ne pourront pas l’empêcher. Une étude différente a récemment découvert que l’amincissement de la glace et le recul des glaciers dans l’Ouest-Antarctique ne sont « probablement pas réversibles sans un changement majeur des conditions marines ou glaciologiques. »

L’étude, publiée le 23 novembre dans le journal Nature, prouve que le glacier de l’île du Pin a sûrement été d’abord déstabilisé dans les années 1940 après le passage fort et anormalement long du courant El Niño (un courant chaud venant d’Amérique du Sud et passant en fin d’année, après Noël) dans l’océan Pacifique.

Les chercheurs – des scientifiques américains, britanniques, allemands, néerlandais et suisses – n’ont pas évalué le rôle des gaz à effet de serre d’origine humaine ni du réchauffement climatique dans la fonte de l’île de Pin. Mais l’équipe a remarqué que, même après cette période chaude dans les années 1940, une fois les températures redescendues, le recul glaciaire avait continué.

Retrouvez la version originale :

http://mashable.com/2016/11/28/west-antarctica-collapse-ice-loss/?utm_cid=hp-h-3#a4cp3coINqqy

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