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Chômage et finances, de sombres perspectives en 2017


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Chômage: l’Unédic prédit une nouvelle dégradation en 2017 qui pèserait fortement sur la dette déjà abyssale du régime d’assurance chômage

Nuages à l’horizon sur le front du chômage: après l’éclaircie de 2016, l’Unédic, qui gère l’assurance chômage, prédit une nouvelle dégradation en 2017, notamment sous « l’effet du Brexit », qui pèserait fortement sur la dette déjà abyssale du régime.

Dans ses prévisions financières publiées mardi, l’organisme prévoit une baisse de 124.000 chômeurs en 2016 en métropole. Quelque 74.000 personnes ont déjà quitté la catégorie A (sans activité) de Pôle emploi depuis janvier et l’opérateur public devrait encore en voir partir 50.000 d’ici à la fin de l’année.

A court terme, ce scénario pourrait donc faire les affaires de François Hollande, qui décidera en fin d’année s’il brigue un second mandat et qui a conditionné cette candidature à une baisse du chômage en 2016.

Mais le nombre de chômeurs repartirait à la hausse dès 2017, de 79.000 personnes, prévient l’Unédic.

– « Lunettes pessimistes » –

L’organisme regarde l’avenir « avec des lunettes pessimistes », a accusé le gouvernement, par la voix du ministre des Finances Michel Sapin. Celui-ci réfute la prévision de croissance du consensus des économistes pour 2017, +1,2%, sur laquelle se base l’Unédic. L’exécutif espère une croissance de 1,5%.

Pour l’Unédic, le taux de chômage passerait de 9,6% en métropole mi-2016 à 9,4% en fin d’année, avant de remonter à 9,5% de la population active fin 2017 et à 9,6% fin 2019.

Ces sombres perspectives sont dues à un « ralentissement de la croissance », à cause des incertitudes liées au Brexit.

La « dégradation de conjoncture » se cumulerait, estime-t-elle, avec un « ralentissement des politiques publiques d’emploi », notamment une « stabilisation des contrats aidés » et « la fin de la montée en charge » du Pacte de responsabilité. Les créations nettes d’emplois (+109.000 en 2017, dont 76.000 dans le privé) ne suffiraient plus à compenser la progression de la population active.

La morosité attendue sur le marché du travail devrait avoir « d’amples conséquences sur les perspectives financières de l’Unédic », prédit l’organisme, dont la dette atteignait déjà 25,7 milliards d’euros fin 2015.

L’Unédic devrait perdre 4,3 milliards en 2016, puis 3,8 milliards en 2017, pour une dette de 33,8 milliards d’euros à fin 2017. La dette atteindrait, par la suite, 37,8 milliards fin 2018 et 41,4 milliards d’euros fin 2019.

Le déficit cumulé de l’assurance chômage dépasserait ainsi largement les recettes annuelles du régime, qui tournent autour de 35 milliards d’euros en moyenne. L’indemnisation des demandeurs d’emploi n’est toutefois pas en danger, assure Alexandre Saubot, président (Medef) de l’Unédic.

– Contrats courts –

Dans son rapport, l’organisme met en avant le coût des contrats courts, dont l’explosion « explique en partie la dégradation » des comptes du régime, selon Patricia Ferrand, vice-présidente (CFDT).

En 2015, les CDD, qui représentent environ 85% des embauches hors intérim, ont rapporté à l’assurance chômage 2,7 milliards d’euros de cotisations, tandis que les chômeurs indemnisés après une fin de CDD ont perçu 8,9 milliards d’euros, soit un déficit de 6,2 milliards pour l’assurance chômage.

L’organisme pointe aussi du doigt les ruptures conventionnelles, des séparations à l’amiable apparues en 2008 qui donnent droit à indemnisation chômage: elles ont « sûrement facilité certaines ruptures qui auraient pu se solder à défaut par une démission » et n’auraient pas donné lieu à indemnisation.

L’Unédic alerte enfin sur le coût des travailleurs frontaliers, qui cotisent dans le pays où ils travaillent mais sont indemnisés en France. En 2015, la perte nette pour le régime a atteint « près de 600 millions d’euros », dont les deux tiers causés par les frontaliers travaillant en Suisse.

La réduction des déficits était au coeur de la négociation entre syndicats et patronat pour modifier les règles de l’assurance chômage, mais celle-ci a échoué en juin.

Le gouvernement, qui en espérait 800 millions d’euros d’économies dès 2016, souhaite que les partenaires sociaux se remettent autour de la table à l’automne, mais une réouverture rapide des négociations est « assez peu probable » de l’aveu de Laurent Berger, le numéro un de la CFDT.

Mi-septembre, le président du Medef Pierre Gattaz s’était dit prêt à discuter, mais seulement si l’idée d’augmenter le coût du travail était abandonnée, une condition inacceptable pour les syndicats.

L’assurance chômage est endettée depuis le début des années 2000. Elle n’a pas enregistré d’excédent depuis 2008.

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