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La France sous perfusion


Dette publique et les magouilles électoralistes, ou, La scandaleuse manipulation de l’opinion publique

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La scandaleuse manipulation de l’opinion publique et parce que les médias, eux qui sont censés nous informer, et non de se transformer en propagandistes, sont si généreux qu’ils outrepassent le Code de déontologie et leur mission et nous éclairent de leur lumières ; ils interprètent les faits, débusquent les vérités cachées, les évidences dont ils nous font l’aumône, à nous les pauvres demeurés, à nous les nécessiteux sans cervelles… c’est ce que pensent certains, et ils n’ont pas tort.

CBV…

Les politiques sont prompts à dépenser l’argent des autres, le nôtre. Ils savent mieux que jamais faire des cadeaux, qu’ils laisseront à d’autres le soin de payer. Le tour de passe-passe du Trésor en est l’exemple le plus incroyable.

En France, la dette publique ne cesse d’augmenter depuis le choc pétrolier de 1974 : de 20 % du PIB (produit intérieur brut, c’est-à-dire la production annuelle de richesse d’un pays) à la fin des années 1970, elle a atteint le seuil de 60 % du PIB en 2002, pour s’établir à près de 96 % du PIB en 2015. Le gouvernement actuel craignait qu’eu égard aux besoins du budget, il s’établisse au-dessus de 100% dès 2016, ce qui aurait marqué d’un point noir la gestion socialiste. Pour l’éviter, il a utilisé des subterfuges.

En 2015, pour financer sa dette, l’État a poursuivi et augmenté d’anciennes émissions d’emprunt à des taux de 4 ou 5% quand ils étaient déjà proches de zéro. En contrepartie, il a encaissé un montant exceptionnel de 22,7 milliards d’euros (contre une moyenne de l’ordre de 4 à 5Md € par an ces dernières années) de primes d’émissions payées par les souscripteurs d’obligations d’État à un taux inespéré.

Avec ces ressources immédiates de trésorerie, le Trésor a racheté pour un montant équivalent (22,6 milliards) de dettes à court terme, ce qui lui a permis de réduire d’autant la dette publique

Le gouvernement s’est livré à un autre tour de passe-passe en annonçant ce 29 juin qu’il va transformer la dernière enveloppe de 5 Md€ du Pacte de responsabilité prévue pour 2017 en une augmentation du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE). Les entreprises pourront enregistrer un gain comparable dans leur bilan de 2017, mais elles devront attendre 2018 pour en disposer des effets sur leur trésorerie. Le budget de l’État ne sera pas affecté en 2017. Ce sont les successeurs de MM Hollande et Valls qui paieront. Facile, non ?

Les manipulations budgétaires ne seront pas les seules causes des augmentations à venir. D’une manière générale, et depuis la rentrée 2015, le gouvernement socialiste a acheté la paix sociale avec des traites sur l’avenir. La hausse accordée aux salaires des professeurs à l’automne 2015 entraînera un milliard d’euros par an de hausse de salaires dans l’Éducation nationale d’ici 2020.

Au printemps, Najat Vallaud-Belkacem a encore annoncé une revalorisation de 500 millions d’euros pour les carrières des enseignants en 2017, et d’un milliard d’euros d’ici 2020. Plus généralement et au total, c’est 2,4 Md€ de plus pour 2017 au titre de la rémunération des fonctionnaires.

Face à la grogne de ces derniers mois, l’argent a été distribué à tout va : prime à l’embauche pour les PME : un milliard d’euros ; formation de 500 000 chômeurs, qui du coup vont sortir des statistiques du chômage : 600 millions d’euros ; baisse de cotisations sociales pour les agriculteurs : 500 millions… Au total, plus de 4 milliards d’euros de dépenses pour 2016 que Bercy promet de compenser au centime près par des gels de dépenses sans que le moindre indice soit donné sur le caractère effectif de cette promesse. Mais l’ensemble de ces dépenses seront plus importantes encore en 2017, où elles représenteront sans doute 8 à 10 Md € de plus. Ces procédés constituent une suite d’entourloupes faites par les socialistes à leurs adversaires. Mais c’est en même temps un mauvais coup porté à la politique en général, qui renforcera l’idée que les élus sont des voyous (tous pourris). Le genre de comportement qui favorise la montée des populistes et le rejet des institutions.

Un article de l’Iref-Europe

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