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Financement de Daesh par des individus privés


Qui sont ces « pays du G20 » qui financeraient Daech ?

Provocation ou véritable pavé dans la mare? Sûrement un peu des deux. Devenu l’un des personnages centraux de la lutte contre le terrorisme en dépit de fortes divergences avec les pays occidentaux, Vladimir Poutine a de nouveau tenu un discours offensif, mardi. « J’ai donné des exemples basés sur nos données du financement de Daesh par des individus privés. Cet argent vient de 40 pays, parmi lesquels participent des pays-membres du G20 », a-t-il ainsi déclaré lors du…G20.

Reste à savoir qui était visé par les propos du président russe. Pour Frédéric Encel, spécialiste du Moyen-Orient et auteur de l’ouvrage Géopolitique du printemps arabe, un nom s’impose comme une évidence: « Il s’agit sans aucun doute de l’Arabie Saoudite, un pays dans lequel l’élite entretient une certaine complaisance à l’égard de l’islamisme ».

Transfert d’argent sous couvert d’engagement associatif

Le pays entretient en effet des rapports ambigus – notamment financiers – avec les différents groupes radicaux: « Si le pays a officiellement arrêté de financer les groupes radicaux depuis 2003, de riches familles continuent à le faire » par des voies détournées, explique le chercheur.

Concrètement, ces financements parviennent à Daesh « souvent sous couvert d’engagements associatifs. Il s’agit de fondations, d’organismes qui aident – supposément – les déshérités, les malades du monde musulman. En réalité, ce sont de vraies filières créées par de riches familles du Golfe », assure Frédéric Encel. L’argent peut ainsi arriver directement entre les mains des combattants, ou de certains prédicateurs. Mais, précise-t-il, « la plus grosse source de financement de Daesh venant de l’extérieur reste l’exportation de pétrole » qui, une fois la frontière turque passée, devient intraçable et peut-être revendu au monde entier.

Le rôle obscur de la Turquie

La Turquie, justement, pourrait être le second pays du G20 visé par Vladimir Poutine. Et même s’il est peu probable que la Russie engage un rapport de force avec le pays dirigé par Erdogan, sa relation avec Daesh est quelque peu obscure. Explication: en conflit ouvert avec le peuple kurde – également combattu par Daesh – la Turquie pourrait ne pas se montrer trop sévère avec les ennemis de ses ennemis.

Ce qui ne l’empêche pas d’être un allié précieux pour les occidentaux: « Les Européens veulent à tout prix éviter de froisser la Turquie qui, en plus d’être un partenaire économique majeur, reste un État considéré comme stable dans la région », explique Frédéric Encel. « D’autant que l’on ne peut pas à proprement parler de réelle complicité, surtout après les récents attentats commis sur le sol turc ».

Frédéric Encel, Géopolitique du printemps arabe, PUF.

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