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De la IVème à la Vème République


République nouvelle, République de toujours


« Ainsi commence l’année 1958 »

  Au début de 1958, la IVème République reste confrontée à deux problèmes majeurs qu’elle ne parvient pas à surmonter et qui vont entraîner sa perte : l’instabilité gouvernementale et la rébellion algérienne.
  Ce dessin publié dans L’Humanité le 1er janvier, exprime l’espoir que l’année qui commence permettra
de mettre fin à ce conflit.

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De la IVème à la Vème République

  Enlisée dans la guerre d’Algérie, la IVème République succombe à la crise du 13 mai 1958 qui crée les conditions du retour au pouvoir du général de Gaulle.

­ 13 mai 1958 ­ À Alger, une manifestation à la mémoire de trois prisonniers français exécutés par le Front de libération nationale ( FLN ) tourne à l’émeute. Un comité présidé par le général Massu, exige la formation d’un gouvernement de salut public. ­ 13 et 14 mai 1958 ­ À Paris, Pierre Pflimlin, partisan de réformes libérales en Algérie, est investi à la tête d’un gouvernement de centre-droit qui est dénoncé par les activistes algérois comme un « gouvernement d’abandon ».
­ 15 mai 1958 ­ À Alger, le général Salan, détenteur des pouvoirs civils et militaires, s’adresse à la foule place du Forum et achève son allocution en criant : « Vive de Gaulle ». À Paris, communiqué du général de Gaulle : « Je me tiens prêt à assumer les pouvoirs de la République ». – 24 mai 1958 – Opération Résurrection en Corse ; des parachutistes venus d’Alger prennent le contrôle de l’île qui passe à la dissidence. ­ 27 mai 1958 ­ Communiqué du général de Gaulle : « J’ai entamé le processus régulier nécessaire à l’établissement d’un gouvernement républicain ». – 28 mai 1958 ­ À Paris, démission du gouvernement Pflimlin et manifestation pour la défense de la République. – 29 mai 1958 ­ Message au Parlement du président de la République René Coty annonçant sa décision de faire appel « au plus illustre des Français ». De Gaulle reçu à l’Élysée. ­ 1er et 2 juin 1958 ­ De Gaulle est investi à la tête du dernier gouvernement de la Quatrième République et reçoit les pleins pouvoirs avec mission de préparer une nouvelle constitution. – 4 juin 1958  ­ Premier voyage du général de Gaulle en Algérie : « Je vous ai compris ». ­ 4 Septembre 1958 ­ De Gaulle présente solennellement le projet de Constitution, place de la République à Paris. – 28 Septembre 1958 ­ La nouvelle Constitution est adoptée par référendum ( près de 80 % de  OUI ). ­ 3 octobre 1958 ­ À Constantine, de Gaulle annonce un ambitieux programme de réformes en faveur des Musulmans d’Algérie. ­ 23 et 30 novembre 1958 ­ Premières élections législatives de la Cinquième République, au scrutin majoritaire à deux tours. ­ 21 décembre 1958 ­ Le général de Gaulle est élu président de la République.

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Bilan
de la IV° République

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De Gaulle
et la République

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L’évolution de la fonction présidentielle
en France
depuis 1947

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René Coty
et Charles de Gaulle

( Service photographique de la présidence de la République )

Le 31 mai 1958, le dernier président
de la IVème République, René Coty, raccompagne sur les marches de l’Élysée, Charles de Gaulle qui est venu lui confirmer qu’il acceptait de former un gouvernement et qui sera bientôt le premier président de la Vème République.

Source :   http://www.cndp.fr/crdp-reims/cinquieme/page3.htm

La France depuis 1945 au Bac

République nouvelle,
République de toujours

Pour aller à l’essentiel :
L’évolution économique et sociale
de la France depuis 1945

I. L’ÉVOLUTION ÉCONOMIQUE

A. Les « Trente Glorieuses » (1945-1973)


1. La reconstruction d’après-guerre

  • Le bilan de la 2ème guerre mondiale
    Les victimes civiles et militaires, le déficit des naissances et l’émigration ont entraîné une baisse de la population française d’environ 1,5 millions de personnes.
    L’économie était dévastée.
    La production agricole avait chuté d’un tiers par rapport à 1938, ce qui provoquait une situation de pénurie et de gros problèmes de ravitaillement.
    La production industrielle était inférieure de moitié, tandis que les infrastructures de transport étaient endommagées.
    La situation financière était très mauvaise en raison de l’alourdissement du déficit budgétaire et de l’inflation (les prix ont quadruplé de 1938 à 1944) et le marché noir s’est développé, tandis que le franc se dépréciait.
  • Les réformes de structure et l’aide américaine
    De 1944 à 1946, les nationalisations ont concerné les secteurs clés de l’économie : le crédit (Banque de France et principales banques de dépôt), l’énergie (charbon, gaz et électricité), le transport aérien (Air France), et l’automobile avec la nationalisation de Renault.
    Une planification indicative et prévisionnelle de l’économie a été inaugurée avec le plan Monnet (1947-1952) qui mettait l’accent sur les secteurs prioritaires indispensables à la reconstruction et à la remise en marche de l’économie, comme le charbon, l’acier ou l’électricité.
    Financé principalement par des crédits publics et l’aide américaine consentie au titre du plan Marshall, il a stimulé l’essor de la production et assuré la reconstruction économique du pays

2. Une période d’expansion et de mutations

  • Les facteurs de la croissance
    L’État a continué d’orienter l’évolution économique dans le cadre d’une planification indicative à moyen terme (4 ou 5 ans).
    Se sont succédés des plans de modernisation et d’équipement, puis des plans de développement économique et social.
    Le progrès des investissements a contribué à moderniser les équipements et à améliorer la productivité dans les exploitations agricoles et dans les usines.
    Quant aux débouchés offerts aux productions nationales, ils se sont développés :
    – sur le marché intérieur, grâce à la croissance de la population et à l’augmentation de son pouvoir d’achat ;
    – à l’extérieur avec l’essor des exportations et la diversification des ventes en direction de l’Europe dans le cadre de l’union douanière constituée au sein de la Communauté économique européenne (CEE) créée en 1957 par le traité de Rome. (Europe des 6)
  • Les aspects de la croissance
    De 1945 à 1973, La France a connu la plus forte expansion économique de son histoire et l’une des plus élevée du monde industriel.
    L’économiste français, Jean Fourastié, lui a donné le nom de «Trente Glorieuses ».
    Cette croissance soutenue s’est accompagné de profondes mutations de l’appareil de production et de services.
    Dans l’agriculture, les exploitations se sont progressivement agrandies et modernisées, les rendements et la productivité ont augmenté.
    Les conditions de vie du monde paysan se sont améliorées, grâce à la garantie des prix obtenue dans le cadre de la Politique agricole commune (PAC) adoptée en 1962 au sein de la CEE.
    Dans l’industrie, les entreprises françaises se sont concentrées, internationalisées et modernisées afin de faire face à une concurrence accrue du fait de la libération des échanges en Europe ( suppression des droits de douane dans la CEE ) et dans le monde ( accords du GATT ).
    Dans la distribution enfin, les magasins à grande surface se sont multipliés.
  • Les limites et les problèmes de la croissance
    Dans le domaine économique, les handicaps restaient nombreux : déficit et dépendance énergétique vis-à-vis du pétrole importé ; maintien de structures archaïques (petites unités de production de type artisanal encore dominantes) ; déséquilibre du commerce extérieur.
    Les disparités se sont aggravées entre les secteurs, les branches d’activité (déclin du charbon, de la sidérurgie, du textile), les régions et les catégories sociales.
    Dans le domaine financier, l’inflation persistante provoqua à plusieurs reprises la dévaluation du franc

3. Les politiques économiques

La conjoncture a été marquée par l’alternance de phases d’expansion durant lesquelles furent adoptées des mesures pour combattre l’inflation, et de phases de ralentissement qui ont vu se mettre en place des politiques de soutien à l’économie.
Ainsi, pendant la Quatrième République, les mesures déflationnistes du gouvernement Pinay (1952-1953) ont été suivies d’une politique de relance (1953-1957).
Sous la Cinquième République, des politiques de stabilisation ont été appliquées en 1958-1959 par Antoine Pinay, puis en 1963 par Valéry Giscard d’Estaing, mais sans remettre en cause la forte croissance des années 60, pourtant marquées par la crise sociale de 1968.

B. Une croissance plus lente et plus incertaine depuis 1974


Face à la crise économique mondiale de 1974 qui a révélé les faiblesses de l’économie française, les gouvernements successifs se sont efforcés de lutter simultanément contre le chômage et l’inflation, et de mettre en œuvre des politiques d’adaptation aux contraintes de la construction européenne et de la mondialisation

1. Les manifestations de la crise

a/ La croissance, les prix et l’emploi

  • Stagflation de 1974 à 1983 : une croissance faible et une forte hausse des prix
    Le taux moyen annuel de croissance a diminué de plus de moitié par rapport aux années 60 (2,5 % contre 5,7 %) en raison du recul de l’investissement productif. (- 3,2 %)
    En effet, les possibilités d’autofinancement des entreprises ont baissé car les coûts de production se sont élevés et les charges se sont alourdies du fait de la hausse des prix du pétrole et des coûts salariaux et sociaux.
    Le taux moyen annuel d’augmentation des prix à la consommation s’est envolé (près de 12% entre 1974 et 1983, au lieu de 5% entre 1967 et 1973).
    L’inflation était liée à l’augmentation du prix de l’énergie importée (facture pétrolière multipliée par 10 entre 1973 et 1983), et à l’indexation de l’évolution des salaires sur les prix.
  • Désinflation et reprise fragile après 1983
    La hausse des prix est tombée en dessous de 5 % en moyenne annuelle dès 1983, date à laquelle elle était inférieure à celle de l’Allemagne.
    L’économie française a profité de la baisse des cours du pétrole liés au contre-choc pétrolier et de la politique gouvernementale de lutte contre l’inflation. (blocage des prix)
    Les taux de croissance se sont redressés entre 1987 et 1989 (RPR) mais, après la guerre du Golfe, l’économie française a replongé dans une récession dont elle a eu du mal à sortir.
  • La montée inexorable du chômage
    Les demandeurs d’emploi, étaient 2 millions en 1982 et plus de 3 millions à la fin des années 1990, (plus d’un actif sur dix).
    La montée du chômage est liée à la croissance économique plus lente, moins régulière, mais aussi à la modernisation des usines, les entreprises réduisant leurs charges de main d’œuvre en automatisant leurs procédés de fabrication et en délocalisant les activités à fort coût de main d’œuvre.

b/ Les problèmes financiers

  • L’aggravation des déficits
    Le déficit des comptes publics s’est dégradé au fur et à mesure qu’augmentaient les dépenses d’indemnisation du chômage, de santé et de paiement des retraites, dans une population vieillissante où l’on vit de plus en plus longtemps.
    Le déficit budgétaire a contraint l’État à emprunter et à s’endetter tandis que le « trou de la Sécurité sociale» se creusait.
    Le déficit du commerce extérieur a dépassé 500 milliards de francs durant la période 1974 -1990, en raison du renchérissement du pétrole de 1974 à 1980, de la hausse du dollar de 1981 à 1986, et des médiocres performances de l’industrie française jusqu’au milieu des années 90.
  • La dépréciation de la monnaie
    Les difficultés de l’économie ont contribué à affaiblir le franc qui s’est dévalorisé d’un tiers par rapport au mark de 1979 à 1990 sans que pour autant la France ait cessé d’être déficitaire dans son commerce avec l’Allemagne.

2. Les politiques conjoncturelles

a/ Des choix difficiles, une politique hésitante et fluctuante de 1974 à 1982

  • Les gouvernements de droite confrontés aux 2 chocs pétroliers de 1974 à 1981
    Les hésitations du gouvernement Chirac se sont manifestées par la succession de deux politiques opposées, le « plan de refroidissement » (c’est-à-dire de lutte contre l’inflation) de juin 1974 étant abandonné en septembre 1975, au profit d’un plan de « soutien » visant à relancer l’économie face à la montée du chômage.
    Le gouvernement Barre a donné la priorité à la lutte contre l’inflation, en mettant en place en 1976 un plan de lutte contre l’inflation et le chômage qui freinait la hausse des salaires et exonérait les entreprises de charges sociales pour qu’elles puissent embaucher. Les résultats ont été décevants puisque l’inflation n’a pas été jugulée et qu’elle a même été relancée par le deuxième choc pétrolier en 1979, tandis que le nombre de demandeurs d’emploi doublait de 1976 à 1980.
  • La gauche et la relance (1981-1982)
    Après l’élection de François Mitterrand, la lutte contre le chômage est redevenue prioritaire avec la création d’emplois publics (augmentation du nombre des fonctionnaires) et la relance de l’activité par la consommation populaire grâce à une revalorisation des salaires et des prestations sociales.
    Cette relance reposait sur l’adoption d’importantes mesures sociales concernant la réduction du temps du travail des salariés (semaine de 39 heures, 5ème semaine de congés payés), et l’avancement de l’âge de la retraite de 65 à 60 ans.

b. Les politiques de rigueur depuis 1982

  • Le changement de cap
    Les mesures prises de mai 1981 au début de 1982, ont placé l’économie française dans une situation très préoccupante.
    Le déficit budgétaire s’est aggravé, les charges sociales des entreprises se sont alourdies, tandis que le déficit commercial se creusait avec l’augmentation des importations (la production interne ne pouvant satisfaire une demande en hausse) rendues plus coûteuses par l’envol du dollar.
    Ainsi, l’échec de la relance a conduit à renouer avec une politique de rigueur, voire d’austérité.
  • Les nouveaux choix
    À partir du printemps 1982, la gauche au pouvoir a privilégié la lutte contre l’inflation en mettant fin à l’indexation des salaires sur les prix, et la défense du franc.
    Dans le même temps, l’entreprise a été réhabilitée aux dépens de la consommation des ménages afin de relancer l’investissement.
    Ces orientations libérales se sont développées durant les deux cohabitation de 1986 à 1988 sous Jacques Chirac, et de 1993 à 1995 sous Édouard Balladur, avec la suppression du contrôle des changes et de l’autorisation administrative de licenciement, et avec les privatisations, puis à nouveau de 1995 à 1997, sous le gouvernement Juppé avec le plan de réforme de la sécurité sociale et du régime de retraite repoussée à 65 ans dans le privé, la multiplication des aides aux entreprises.
    De retour au pouvoir après la réélection de François Mitterrand en 1988, puis à nouveau en 1997 à la suite de la dissolution provoquée par le président Chirac, la gauche n’a pas totalement rompu avec la politique de rigueur qui vise à adapter l’économie française aux contraintes de la mondialisation et de la construction européenne ( application des accords de Maastricht et passage à la monnaie unique, l’euro ). De 1997 à 2002, face à l’aggravation de la fracture sociale et aux tensions qui surgissaient au sein de la gauche plurielle, le gouvernement Jospin a tenté d’atténuer un peu les conséquences sociales de cette politique de rigueur et de s’attaquer au problème du chômage avec la mise en place des contrats emploi-formation et des emplois-jeunes, l’instauration du revenu minimum d’insertion ( RMI ), la loi sur les 35 heures, la Couverture maladie universelle ( CMU ), et la loi de modernisation sociale.
    Depuis le printemps 2002, le gouvernement Raffarin qui dispose d’une large majorité de droite à la Chambre des députés et au Sénat, s’est lancé dans une politique résolument libérale qui vise à réduire les dépenses de l’État et à renouer avec la rigueur sur le plan social.
    3. Les politiques structurelles

a/ La politique énergétique

Afin de faire face à l’augmentation de la facture pétrolière et de réduire le déficit énergétique du pays, la décision a été prise dès 1973-1974, de mettre en œuvre une politique de réduction de la consommation et de remplacement du pétrole par l’énergie nucléaire.
Ces choix n’ont pas été remis en cause avec l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981, le rythme d’augmentation de la demande d’énergie a un peu fléchi et les centrales nucléaires fournissent aujourd’hui 80 % de l’électricité produite en France, contre seulement 8 % en 1973.

b. Les politiques sectorielles

  • Dans l’agriculture
    L’agriculture s’est développée et modernisée dans le cadre européen de la Politique agricole commune (PAC) qui, en privilégiant la garantie des prix, a engendré une surproduction chronique.
    Depuis 1984, face à la concurrence internationale exacerbée et sous la pression des États-Unis, la Communauté économique européenne (CEE), devenue l’Union européenne (UE), a dû remettre en cause la politique de soutien des prix (subventions).
    En 1998, la Commission de Bruxelles a entrepris d’abaisser de façon sensible le prix garanti de la plupart des produits agricoles.
    Désormais, de nombreuses petites et moyennes exploitations agricoles ne sont plus rentables et sont appelées à disparaître.
    Le monde paysan connaît aujourd’hui un profond malaise aggravé par les abattages massifs des troupeaux entraînés par la maladie de la vache folle et l’épidémie de fièvre aphteuse au début des années 2000.
  • Dans l’industrie
    La crise a souligné les faiblesses structurelles de l’industrie française : concentration insuffisante des entreprises, manque d’innovation et déficit commercial de 1987 à 1991.
    Pour faire face à la compétition internationale et limiter l’extension du chômage, l’État est intervenu de façon contradictoire, venant en aide aux entreprises menacées tout en faisant de la modernisation de l’appareil de production une priorité.
    S’agissant de la structure des entreprises, des options différentes ont également été retenues : la gauche a nationalisé les grands groupes industriels en 1981-1982, alors que la droite a choisi de privatiser en 1986-1988.
    Réélu en 1988, François Mitterrand a adopté le principe du « ni-ni » (ni nationalisations, ni privatisations).
    À partir de 1993, sous la 2ème cohabitation, Édouard Balladur a lancé un nouveau programme de privatisations, poursuivi par Alain Juppé après l’élection de Jacques Chirac en 1995.
    De 1997 à 2002, le gouvernement Jospin s’est lancé à son tour dans les privatisations. Le gouvernement Raffarin qui lui a succédé entend bien poursuivre dans cette voie.

A la fin des années 1990, l’économie française a renoué avec la croissance : inflation maintenue à un niveau très bas ; excédents commerciaux élevés ; bénéfices record pour les grandes entreprises ; relance des investissements et de la consommation ; confiance retrouvée ; entrée dans l’euro.
Mais la fracture sociale a continué de se creuser et le taux de chômage reste élevé.

II. LES MUTATIONS DÉMOGRAPHIQUES

Depuis 1945, la population est passée de 40 millions à plus de 60 millions d’habitants.

A. Le mouvement naturel

1. Du baby-boom au papy-boom

Après le baby-boom de grande ampleur et de longue durée qui a suivi la seconde guerre mondiale, la natalité a diminué à partir du milieu des années 60.
La fécondité a baissé et n’assure plus le renouvellement des générations.
Cette baisse qui caractérise tous les pays industriels, s’explique par des causes diverses dont les plus déterminantes ont été les changements de modes de vie, l’essor du travail féminin et le contrôle des naissances (libéralisation de la contraception et de l’avortement).

2. La baisse de la mortalité

La mortalité générale et infantile a diminué en relation avec l’amélioration des conditions de vie, les progrès de la médecine et l’institution de la sécurité sociale en 1945.
L’espérance de vie s’est accrue mais reste différentielle : la durée moyenne de vie est plus courte pour les ouvriers que pour les cadres, et les femmes vivent en moyenne sept à huit années de plus que les hommes.

3. Le vieillissement de la population

La baisse de la natalité réduit la part des jeunes dans la population totale.
La diminution de la mortalité entraîne un accroissement du nombre des personnes âgées (papy boom) et pose le problème du financement des dépenses de santé et des retraites.

B. Les apports extérieurs

1. Le rôle de l’immigration

L’immigration s’est développée de 1945 à 1973 pour satisfaire les besoins en main d’œuvre de la reconstruction puis de la croissance.
Depuis 1974, la crise économique a ralenti le mouvement : l’immigration a été officiellement suspendue et des politiques de refoulement des étrangers en situation régulière (aide au retour) ou irrégulière (lutte contre les clandestins) ont été appliquées. Code des procédures civiles d’exécution

2. La population étrangère

D’européenne, l’immigration est devenue asiatique et surtout africaine, les Maghrébins constituant les plus gros contingents.
Bien que les effectifs des étrangers vivant en France se soient stabilisés depuis le milieu des années 70, l’immigration est devenue l’un des grands problèmes de la société française.
Nombreux sont ceux qui sont favorables à l’intégration ou à l’assimilation des étrangers dans la société française, alors que d’autres prônent leur exclusion au nom de la sauvegarde de l’« identité nationale »

II. LES CHANGEMENTS SOCIAUX

A. Un reflet de l’évolution économique

Les gains de productivité ont profondément modifié la structure de la population active.
La mécanisation et la motorisation de l’agriculture ont entraîné un effondrement du nombre des paysans qui représentent aujourd’hui moins de 7 % des actifs.
Dans l’industrie, l’avènement de la robotique, puis les délocalisations liées à la mondialisation, ont entraîné la suppression de nombreux emplois.
En revanche, on a assisté à une véritable explosion des effectifs dans le secteur tertiaire qui emploie désormais plus de la moitié de la population active.
La tertiairisation de l’économie s’est accompagnée d’un essor des classes moyennes (cadres, employés) et du travail féminin.

B. De nouvelles conditions de vie

1. L’urbanisation

L’exode rural a dépeuplé les campagnes françaises où vivaient encore plus de la moitié des Français en 1945, au profit de villes de plus en plus importantes qui rassemblent aujourd’hui les trois-quarts de la population.
La « périurbanisation » a étendu l’espace urbain dans les campagnes proches des agglomérations avec le développement des « cités dortoirs »et des banlieues pavillonnaires.

2. La société de consommation

Elle se caractérise par l’amélioration du niveau de vie et la transformation des budgets des ménages.
La part des dépenses alimentaires a diminué au profit des dépenses consacrées au transport (essor de l’automobile) et à l’habitat avec les progrès du confort, la multiplication des appareils électroménagers et des résidences secondaires.
L’allongement du temps consacré aux loisirs a permis le développement du tourisme ainsi que la diffusion des pratiques culturelles (maisons de la culture) et sportives (sports d’hiver, voyages).

3. Progrès et problèmes

Depuis 1945, les salaires ont augmenté, la durée du travail a diminué, celles des congés payés est passée de 2 à 5 semaines, les droits des travailleurs se sont affirmés, mais la prospérité n’a pas été également partagée.
La société de consommation a engendré de nouveaux maux qui ont été dénoncés par le mouvement de contestation de mai/juin 1968.
Le souci d’une meilleure qualité de vie a entraîné l’essor des mouvements écologistes tandis que l’audience des syndicats s’amenuisait.
Face à la persistance du chômage et à la montée de l’exclusion, les gouvernements de gauche ont, au cours des années 80-90, multiplié les dispositifs visant à en atténuer les effets : revenu minimum d’insertion (RMI), emplois-jeunes, contrats emploi-solidarité (CES), couverture maladie universelle (CMU).
Depuis 2002, le gouvernement Raffarin, confronté à une mauvaise conjoncture économique, dans un contexte de compétition mondiale exacerbée, s’efforce de faire accepter aux Français de profondes réformes qui impliquent un désengagement de l’État et une remise en cause d’un certain nombre d’acquis sociaux : réduction du nombre des fonctionnaire et allongement de la durée de leur cotisation-retraite de 37,5 à 42 ans, non renouvellement des emplois-jeunes, réduction des contrats emploi-solidarité, « déremboursement » de nombreux médicaments, décentralisation du RMI et création du revenu minimum d’activité ( RMA ).
Le chômage se maintient à un niveau élevé, tandis que dans le même temps se développent la flexibilité, la précarité et le travail partiel imposé qui génèrent une nouvelle forme de pauvreté, la « pauvreté laborieuse ».

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