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OBAMA Black enough ???


USA : la colère noire

Que n’entend-on pas dire que les USA sont la plus grande démocratie du monde !!! Et pourtant le racisme et la haine du noir sont au quotidien en Amérique, mais pas que…En France j’ai moi-même été témoin d’un acte de racisme policier dans les années 90 dans la Banlieue de Bordeaux (l’un des policiers coupable avec la complicité d’un taxi est un de mes proches voisins).

Pour avoir tiré à plusieurs reprises sur un homme noir non armé un policier blanc a été arrêté et inculpé de meurtre mardi en Caroline du Sud. Un meurtre qui fait écho à celui, en août 2014 à Ferguson, d’un jeune noir abattu par un policier blanc. L’évènement avait déclenché des émeutes dans cette banlieue de Saint-Louis et une vague d’indignation dans tous les Etats-Unis. A Ferguson, la colère est toujours présente et reflète un malaise plus large : le racisme de la police. Pour couper court aux critiques, la ville voisine de Jennings a décidé de remplacer intégralement sa police. Les résultats sont mitigés. Le reportage de Renaud Dumesnil et Chris Moore.

Baltimore était à feu et à sang la nuit du 27 avril : des bandes ont pris à partie la police en lançant briques, cailloux, bâtons et bouteilles. Plusieurs supermarchés ont été pillés et incendiés tout comme des voitures et des véhicules de police. Ces émeutes ont été déclenchées après les funérailles de Freddie Gray, un Afro-Américain de 25 ans blessé aux cervicales lors d’une arrestation musclée et mort quelques jours plus tard, le 19 avril. Cette affaire survient dans un contexte de tensions raciales, après la mort de plusieurs Noirs. Des hommes souvent désarmés, tués par des policiers blancs, accusés de racisme et d’usage excessif de la force envers les suspects qu’ils appréhendent. On se souvient notamment du cas Michael Slager, un policier blanc accusé de meurtre sur la personne de Walter Scott un homme de 50 ans qu’il abattu de cinq balles dans le dos à North Charleston, en Caroline du Sud, un drame qui a été filmé par un passant. Autant d’affaires qui ont provoqué des dizaines de manifestations aux Etats-Unis, virant parfois à l’émeute.

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La renaissance de l’Amérique raciste, l’avènement de Barack Obama à la Maison blanche a donné un second souffle aux relents racistes du pays. Le Southern Poverty Law Center, association qui surveille les mouvances d’extrême-droite du pays, mentionne une augmentation de 813 % de ces formations depuis 2008. Ces « Patriots groups » qui s’opposent à un supposé « nouvel ordre mondial » n’ont même jamais été aussi nombreux : 1 360 groupuscules sont recensés en 2012, un record dans l’histoire du pays.

The Talk

Ne pas élever la voix. Ne pas chercher à saisir son téléphone ou à fouiller dans son sac. Surtout, garder les mains en évidence. Et obéir. Ces conseils sont ceux de parents noirs à leurs enfants. Un quasi rite de passage, tellement intégré dans la société américaine qu’il porte même un nom : « The Talk ». Aux Etats-Unis, chaque famille de couleur enseigne à ses adolescents comment se comporter en cas d’interpellation ou de contrôle policier. Car un adolescent noir a ainsi trois fois plus de risques qu’un jeune blanc d’être arrêté lors d’un contrôle routier, et les stéréotypes raciaux sont encore profondément ancrés dans l’institution policière.

Le déclin du rêve post-racial

Si les applaudissements ont salué la performance de l’humoriste Obama, la communauté afro-américaine, elle, a peu goûté ce jeu d’acteur. Barack Obama a beau livrer des pans de son autobiographie personnelle pour s’ériger en promoteur d’une réconciliation nationale, le tournant post-racial promis par le président dans ses discours peine à se mettre en œuvre. 53 % des Américains estiment ainsi que les relations entre communautés se sont dégradées depuis son élection, selon un sondage mené par Bloomberg et publié en décembre 2014. Un président « too black »pour ses détracteurs blancs, et « not black enough » pour une communauté Afro-américaine dont 90 % des électeurs ont pourtant soutenu la candidature en 2008 et 2012. Le Prix Nobel de la paix a encore quelques mois, avant la fin de son mandat, pour devenir le nouveau Martin Luther King.

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