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Organisation du traité de l’Atlantique Nord


Organisation du traité de l’Atlantique Nord

Le traité de l’Atlantique Nord, signé à Washington le 4 avril 1949, a institué l’Alliance Atlantique. L’objectif de l’OTAN consiste à garantir la liberté et la sécurité de tous ses membres par des moyens politiques et militaires, à défendre les valeurs que constituent la démocratie, les droits de l’homme et l’Etat de droit, et à contribuer à la paix et à la stabilité dans le monde.

Depuis 1991, la disparition de l’URSS lui a enlevé sa raison d’être initiale. Cependant l’OTAN reste un pilier essentiel de la sécurité de ses membres. L’organisation a dû faire face à de nouvelles menaces, comme les revendications nationalistes dans l’ancien bloc communiste et l’essor du terrorisme international. Poursuivant leur vocation de stabilisation, les pays de l’Alliance ont établi depuis 1994 un « partenariat pour la paix » avec la Russie et les pays de sa zone d’influence, et avec les pays occidentaux qui ne veulent pas faire partie de l’OTAN. Prenant acte de la construction européenne, les accords « Berlin plus » de 1999 prévoient en outre le transfert des moyens de l’OTAN à l’Union européenne pour certaines opérations.

Poursuivant la politique d’indépendance relative à l’égard de l’axe atlantique, afin de pouvoir mener une politique propre, voire éventuellement signer un traité de paix séparée avec le bloc de l’Est en cas d’invasion de la RFA, afin de ne pas être embarqué dans une guerre mondiale opposant l’Otan aux forces de Varsovie. En septembre 1965, De Gaulle annonce lors d’une conférence de presse le retrait du commandement intégré de l’Otan au plus tard pour 1969. C’est chose faite en mars 1966, toutes les troupes étrangères étant poussées à quitter la France. L’opposition socialiste, réunie au sein de la FGDS (Fédération de la gauche démocrate et socialiste), dépose alors une motion de censure contre le gouvernement Pompidou, défendue par Guy Mollet[]. Maurice Faure (du Rassemblement démocratique) déclare alors « si chacun de nos alliés se comportait comme vous le faites et prenait les décisions que vous venez de décréter, cela ne signifierait rien d’autre que le retrait de toutes les forces américaines du continent européen. »

L’extrême droite et l’armée secrète de l’OTAN

Après la seconde guerre mondiale, la CIA et le MI-6 britannique mirent en place des armées secrètes anti-communistes dans tous les pays d’Europe de l’Ouest, et par quels processus ces réseaux Stay-Behind de l’OTAN s’allièrent dans certains pays à des groupes terroristes d’extrême droite, avec des conséquences particulièrement tragiques.

1950-1990 : le scandale des armées secrètes de l’Otan

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Pendant la guerre froide, l’Otan a organisé avec l’accord des grandes démocraties occidentales des armées de l’ombre afin d’empêcher l’essor du communisme hors du bloc soviétique. Ce film, présenté dans La Case du siècle, lève le voile sur ce réseau structuré et puissant. Enquête sur l’un des secrets politico-militaires les mieux gardés depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Le 24 octobre 1990, le scandale éclate au grand jour. L’ancien chef du gouvernement italien Giulio Andreotti révèle au monde entier l’existence d’une armée secrète européenne. Une structure paramilitaire, placée sous commandement de l’Otan et des Etats-Unis, et responsable de manipulations, d’attentats et d’assassinats. Avec l’aide de l’historien suisse Daniele Ganser, auteur du livre Les Armées secrètes de l’Otan — Réseaux Stay Behind, opération Gladio et terrorisme en Europe de l’Ouest, le réalisateur Emmanuel Amara offre un éclairage sur la guerre secrète qui se livra en Europe de l’Ouest, témoignages et documents à l’appui.
Fondée en avril 1949 pour faire face à la menace communiste, l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord crée en Europe une armée secrète baptisée « Stay Behind » (rester derrière). L’objectif : renforcer le dispositif militaire pour mener une guerre de résistance dans chaque pays en cas d’invasion soviétique. Le siège de cette organisation s’installe à Paris. Depuis la Libération, la France abrite déjà plusieurs bases américaines où la CIA conduit la lutte anticommuniste. Mais, en avril 1961, quatre généraux de l’armée française tentent, avec le soutien de l’agence de renseignement américaine, un coup d’Etat contre l’indépendance de l’Algérie. Pour le président Charles de Gaulle, qui a toujours eu des relations conflictuelles avec les Etats-Unis, l’ingérence américaine dans les affaires françaises devient intolérable. En octobre 1966, la France quitte l’Otan, et le siège de l’Alliance atlantique déménage à Bruxelles.

Dans leur guerre contre les communistes, les Américains ont été jusqu’à recruter des nazis et des fascistes dans l’Allemagne et l’Italie d’après-guerre. Historien des services secrets, Erich Schmidt-Eenboom raconte : « En Allemagne, une partie considérable des membres de l’armée secrète, environ 25 %, était constituée des hommes de l’ancien service de renseignement de la SS, l’Office central de la sécurité du Reich. Le personnel ainsi que le réseau d’agents et d’indicateurs étaient noyautés par les anciens SS. On s’est appuyé sur eux pour créer l’armée secrète allemande. » Cette alliance avec des groupuscules d’extrême droite a eu des conséquences particulièrement tragiques dans ces pays. Le 2 août 1980, une bombe explose dans une salle d’attente de la gare de Bologne. Le bilan est lourd, 85 morts et plus de 200 blessés. La police italienne soupçonne d’abord les Brigades rouges, un groupe terroriste gauchiste très actif. Les véritables exécutants de l’attentat, néofascistes, sont condamnés après quinze années d’enquête. Pour les commanditaires, la piste remonte jusqu’à Licio Gelli, le chef d’une loge maçonnique P2, l’armée secrète italienne Gladio et des responsables des services secrets italiens. Pour Aldo Giannuli, historien de la commission d’enquête sur Gladio : « C’est effectivement un cas de terrorisme d’Etat. Un cas de guerre secrète, d’opérations clandestines qui a eu lieu pendant ces années. Un prix, un très lourd tribut que nous avons dû payer pour la guerre froide. »

Une double stratégie

Un mois et demi plus tard, un attentat pendant la Fête de la bière à Munich marque profondément l’opinion publique allemande. L’enquête établit que la bombe a été posée par Gundolf Köhler, mort dans l’explosion et membre de la milice Hoffmann, un groupuscule d’extrême droite. La police découvre rapidement des liens entre le terroriste et un certain Heinz Lembke, qui s’occupe d’un arsenal souterrain. Des caches d’armes faisant vraisemblablement partie du dispositif Stay Behind allemand. Après son arrestation, l’homme, qui avait annonçé son intention de révéler toute la vérité, sera retrouvé pendu dans sa cellule. Le colonel Klaus Fichner, ancien membre du service de contre-espionnage de la Stasi, explique : « En fait, ces armées secrètes avaient une double stratégie. En cas de conflit ouvert et d’occupation d’un pays membre de l’Otan, elles devaient organiser une résistance. Une deuxième stratégie s’est développée avec les années. Il s’agissait de créer des tensions politiques à l’intérieur des pays de l’Otan et d’étouffer par tous les moyens les mouvements de gauche. » Depuis les révélations de 1990, seuls l’Italie, la Belgique et la Suisse ont commandité une commission d’enquête afin de tenter de faire la lumière sur ces armées secrètes.

Gladio

Gladio (« Glaive » en italien) désigne le réseau italien des stay-behind, une structure créée dès le lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour parer à une menace d’invasion soviétique. On désigne couramment par ce nom l’ensemble des armées secrètes européennes, dont l’existence a été révélée publiquement le 24 octobre 1990 par le Premier ministre italien Giulio Andreotti.

Gladio a été mis en place sous l’égide de la CIA et du MI6, comme structure de l’OTAN répondant directement au SHAPE. Cette structure avait comme fonction de « rester derrière » en cas d’invasion soviétique, afin de mener une guerre de partisans. Dans cet objectif, des caches d’armes étaient disposées un peu partout.

Ces réseaux fonctionnaient le plus souvent sans que les gouvernements nationaux en aient connaissance.

Pour plusieurs auteurs, Gladio est impliqué dans différentes actions violentes des années de plomb italiennes, mais l’ampleur de son implication faisait encore en 2005 l’objet de débats. La nature secrète des activités de l’organisation, et le fait que les archives de l’OTAN ne sont pas accessibles aux chercheurs, font du réseau un sujet controversé.

L’idée selon laquelle, sous la direction de la CIA, Gladio aurait tenté d’influencer la politique italienne, est soutenue par des historiens et des journalistes.

Le Département d’État des États-Unis a contesté en janvier 2006 que Gladio ait participé à de quelconques actions terroristes et a rappelé qu’un des principaux documents avancés pour soutenir cette hypothèse — un manuel militaire américain de contre-insurrection — est un faux conçu au début des années 1970 par le KGB en pleine guerre froide ??? Selon un document émis en 2000 par des parlementaires italiens membres des Démocrates de gauche, Gladio aurait participé en Italie à la stratégie de la tension, avec l’aide de la loge maçonnique P2, dirigée par Licio Gelli, destinée à « empêcher le PCI et, dans une moindre mesure, le PSI, à accéder au pouvoir exécutif ». Perpétré par le second groupe des Brigades rouges (les fondateurs étaient alors en prison), l’assassinat du leader de la Démocratie chrétienne (DC), Aldo Moro, en mai 1978, a mis fin à tout espoir d’un compromis historique entre la DC et le PCI. De 1969 à 1980, plus de 600 attentats (4 sur 5 étant attribués aux organisations clandestines d’extrême droite pendant les « Années de plomb ») ont fait en Italie 362 morts et 172 blessés. Ce document, dépourvu de valeur officielle, a provoqué de vifs débats au parlement italien, et a vu la validité de ses conclusions contestée.

Le général Gianadelio Maletti, ancien chef des services italiens, a déclaré en mars 2001 que la CIA aurait pu favoriser le terrorisme en Italie. Le général Nino Lugarese, chef du SISMI de 1981 à 1984, a témoigné de l’existence d’un « Super Gladio » de 800 hommes responsables de l’« intervention intérieure » contre des cibles politiques nationales.

En 2008, le documentaire Les Derniers jours d’Aldo Moro réalisé par Emmanuel Amara propose les témoignages de Steve Pieczenik, ancien membre du département d’État américain, et de Francesco Cossiga, ministre de l’Intérieur de l’époque, qui affirment que Gladio et la CIA ont été impliqués dans l’enlèvement d’Aldo Moro via la manipulation des Brigades Rouges. Pour l’historien américain J. Patrice McSherry, il existe des liens directs entre les organisations stay-behind européennes et l’Opération Condor en Amérique du Sud.

Stefano Delle Chiaie, membre de Gladio, a eu des contacts avec des agents de l’Opération Condor — selon Le Monde diplomatique, Delle Chiaie aurait aussi rencontré le numéro deux des Loups gris, Abdullah Catli, en 1982 à Miami. Ainsi, Michael Townley, un agent de la DINA chilienne, a-t-il mis en contact la DINA avec Delle Chiaie afin que ce dernier prépare la tentative d’assassinat de Bernardo Leighton à Rome en 1975. Delle Chiaie a aussi participé, aux côtés de Klaus Barbie, au coup d’État bolivien de 1980

Seules l’Italie, la Suisse et la Belgique ont créé des commissions d’enquête à ce sujet dans les années 1990. La Belgique s’est dotée d’un comité permanent de contrôle des services secrets afin d’assujettir ces structures au contrôle parlementaire, afin d’éviter que des événements comme ceux qui se sont produits en Italie pendant les années de plomb ne se répètent. La France serait restée « en dehors » de tout cela selon le ministre de la défense de l’époque Jean-Pierre Chevènement. Le premier ministre italien Giulio Andreotti a cependant confirmé qu’en 1964 les renseignements militaires italiens avaient rejoint le « comité clandestin allié » dont les États-Unis, la France, la Belgique et la Grèce faisaient notamment partie.

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